La phase de désémulsification est souvent considérée comme une étape technique secondaire dans le raffinage des huiles végétales, mais elle joue un rôle critique dans la stabilité chimique, la clarté et la durée de conservation du produit final. Pour l’huile de tournesol, qui présente une sensibilité particulière aux variations thermiques et à la teneur en eau, une maîtrise précise de ces paramètres peut transformer un lot moyen en un produit de classe mondiale.
Des études menées par des laboratoires indépendants montrent que l’ajout excessif d’eau (plus de 1,2 % du poids brut) augmente les pertes de rendement jusqu’à 4 %, tandis qu’un déficit (moins de 0,7 %) entraîne une désémulsification incomplète — ce qui se traduit par une augmentation de l’acidité libre moyenne de 0,15 mg KOH/g après 6 mois de stockage. En revanche, une plage optimale entre 0,8 % et 1,1 %, combinée à une température stable entre 55 °C et 65 °C, permet de réduire les impuretés phosphatiques de plus de 90 %, selon les données issues de trois usines européennes équipées de systèmes de contrôle en temps réel.
Un cas concret : une entreprise française spécialisée dans les huiles alimentaires a vu sa teneur en phosphore passer de 120 ppm à 18 ppm après avoir standardisé son procédé avec une régulation automatique de la température et une mesure en continu du taux d’humidité via un capteur électrolytique. Ce changement a permis non seulement d’éviter les rejets de lot, mais aussi d’améliorer la satisfaction client dans les marchés nord-africains où la stabilité à long terme est un critère décisif.
| Paramètre | Optimal | Risque si dépassé |
|---|---|---|
| Teneur en eau (%) | 0,8 – 1,1 | Perte de rendement >4 % |
| Température (°C) | 55 – 65 | Acidité libre ↑ 0,15 mg KOH/g |
| Temps de mélange (min) | 8 – 12 | Mélange inhomogène → dépôt |
Beaucoup d’usines continuent à utiliser des méthodes manuelles pour juger du point de fin de désémulsification, ce qui introduit une variabilité de ±15 % dans les résultats. L’erreur la plus fréquente ? Confondre la couleur de l’eau de sortie avec la pureté finale. La solution ? Introduire une méthode objective basée sur la conductivité électrique : une chute rapide de la valeur mesurée (de 300 µS/cm à moins de 50 µS/cm) indique que la phase aqueuse est propre et que le processus est terminé.
De même, chaque type d’huile exige une stratégie différente. Par exemple, l’huile de colza nécessite un pH légèrement acide (environ 4,5), alors que l’huile de tournesol fonctionne mieux à pH neutre (6,5–7). Ignorer ces différences peut conduire à une mauvaise séparation des phospholipides ou à une hydrolyse prématurée.
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